Le livre est acheté et lu, et je suis ... épatée !!
Je ne résiste pas au plaisir de vous recopier quelques extraits, ça sera bien plus simple que de vous faire l'éloge de ce livre composé de plusieurs nouvelles surréalistes.
[...]
Je me suis mis à éplucher les petites annonces.
C'était lamentable! Comme c'était la première fois de ma vie que j'épluchais quelque chose, les épluchures de petites annonces que j'obtenais étaient énormes. Comme la plupart des petites annonces étaient très petites, elles devenaient presque toutes illisibles. Si ça continuait, j'allais éplucher tout le journal sans pouvoir lire la moindre offre d'emploi et je n'avais pas assez d'argent pour racheter une nouveau journal à éplucher.
Il fallait que je trouve une solution. J'avais besoin d'entraînement. J'ai délaissé le journal et j'ai commencé à éplucher l'annuaire téléphonique. Et puis le dictionnaire. Après quelques heures de pratique intense et intensive, je parvenais enfin à faire des épluchures extrêmement fines et régulières.
Je pouvais recommencer à éplucher les petites annonces.
J'ai d'abord regardé si personne ne cherchait un éplucheur, mais apparemment il n'y avait aucun poste disponible dans cette branche.
Je commençais à me décourager (et à avoir de plus en plus faim) lorsque je suis tombé sur une annonce qui semblait me convenir.
Il s'agissait d'une société, la T.T.G qui cherchait à recruter quelqu'un, homme ou femme, d'âge sans importance, sans aucune expérience particulière et qui pouvait débuter de suite. Il suffisait de se présenter au siège de l'entreprise. Il était situé sur le Champ de Mars.
J'y suis allé, sur le Champ.
[...]
[...]
- Tout d’abord, je voudrais que vous m’éclairiez sur un point : j’ai constaté sur mon ordre de mission que le trajet de retour était de trois jours plus long que l’aller. Je suppose qu’il s’agit d’une erreur. Qu’en pensez-vous ?
- Non, ce n’est pas une erreur, c’est parce que nous devrons faire face à de nombreux vents contraires lors du retour.
- Merci. Voilà qui est plus claire. Autre chose : pouvez-vous me dire dans quelles villes nous allons nous arrêter ?
- Sans problème : à l’aller, nous nous arrêterons quatre fois. A Ghiotyhu, à Koptirdef, à Centralville…
- Excusez-moi. Comment dites-vous ?
- A Centralville.
- Quel drôle de nom pour une ville.
- Oui, je sais tout le monde me dit la même chose…
- Centralville, quel nom compliqué… enfin soit… et le quatrième arrêt ?
- C’est Cvcvedfrefy qui sera en même temps notre terminus
- Et qui a un nom normal, dis-je en souriant.
[...]
[...]
J'ai appelé le serveur.
- Excusez-moi, monsieur, mais la jeune personne qui m'accompagne vient de s'apercevoir que sa valise a disparu. Cette valise contenait des choses très importantes. Nous ne voulons accuser personne, mais nous avons peur qu'il s'agisse malheureusement d'un vol. Pouvez-vous nous aider?
- Qu'y avait-il dans cette valise? demanda le serveur.
- Des cartes répondit Marguerite.
- Uniquement des cartes? s'étonna le serveur.
- Oui... mais des grandes ! dis-je pour essayer de rendre l'histoire plus sérieuse.
- Ce sont des cartes de compétition... ajouta Marguerite. Elles sont d'une grande valeur. Elles me tiennent fort à coeur.
- Forcément ! dit le serveur.
- Pourquoi forcément? demandai-je.
- Ben ... ce sont des cartes... tenir à coeur... pour des cartes... vous comprenez?
J'étais prêt à intervenir. Je ne trouvais pas ça normal que le serveur puisse se moquer de Marguerite de cette manière, mais il continuait de plus belle, avec un large sourire.
- ... Et je suppose qu'il s'agit d'une valise à carreaux !
Cette fois, c'en était vraiment trop. J'allais me fâcher.
Le visage de Marguerite s'illumina.
- Comment savez-vous que c'est une valise à carreaux?
- Nous l'avons retrouvée.
- C'est vrai? Où est-elle?
- Elle est derrière le bar, je vais vous la chercher.
Le serveur s'eloigna. Je n'en croyais pas mes yeux ni mes oreilles. J'étais bouche bée. Marguerite me regarda.
- Vous êtes bouche bée, Hubert!
Je ne répondis pas. C'est difficile de parler bouche bée.
[...]
Tout se lit très vite, moi je l'ai lu dans le train vers Paris, mais je le relirai encore une fois car je suis certaine d'être passée à côté de toute une série de calembours.
Honnetement, il en vaut réellement la peine!
