Des comptes à régler, des contes à ré-écrire, décompte à rebours, des comtes enfermés dans des châteaux improbables...
J'ai la haine à fleur de peau, comme un amour impossible entre moi et moi. Aime toi, le ciel m'aidera. Je sais plus si je dois faire le 18, le 115, le 3617 appuyez sur la touche « * » ou bien le 12, 14 et l'as qui revient du diable vau-vert avec le 25 en complémentaire.
Putain! Qu'est ce que je suis con!!
Quelle année de merde! A faire la une des journaux qui n'ont rien à écrire, rien à dire, rien à penser, rien à donner. Du grand 20 heures. Du voili voiça, papier glacé, lisse, trop lisse comme toutes ces peaux que j'ai ratées, manquées, échappées, fuies, pleurées...
Une année de grand rien, de vide sidérant et sidéral, de néant jusqu'aux confins de mes nébuleuses et de tous ces cons fins que je n'ai pas humés, léchés, lapés, bus.. Une année passée à regarder l'ennui me flétrir, me violacer, m'engourdir.
Des comptes à régler avec ces putains de moutons de merde qui gambadent dans mes nuits par troupeaux, par hordes.. Guérillas nocturnes, je les aligne à la Kalachnikov et ces cons se prennent pour des kamikazes.. St Panurge a du leur promettre des légionnaires!
Une année pourrie, sans canicule émotionnelle que mes retours-arrières sur un passif de cinquante ans, la bile en dépôt, fiel j'suis marri... Putain le constat n'est ni aimable ni amiable, je me suis désaimanté et désamianté des ami(e)s et des amantes (encore queue fais pas le malin pascal, tu plurielles à la prétention, là, sur ce coup si je puis dire..) et dans constat y a con...
Pendant ce temps, notre président fait le représentant chez Duracell...
Et moi, je me passe aux assises, frôlant la correctionnelle plutôt que des culs, je cotonne mauvais et je me condamne (tiens, y a aussi con dans condamne) à l'enfermement, plus voir l'autre, les autres, l'homme avec un h majuscule, me terrer et me taire, me cacher dans la poisseur de la solitude extrême, celle qui coud les yeux et coupe les mains, la solitude extrême comme une aventure hors norme, hors des normes (or d'énorme je n'ai que mon chagrin, comme un ami de toujours, un ami qui vient de loin pour te tendre la main, te bisouiller le front quand les larmes sont prêtes à se jeter du bord de tes paupières et glisser à l'imprévu à l'improviste pour dévaler sur tes joues et se perdre sur un coin de lèvre ou se pendre sur ton cou) euh.. j'en étais où? Ah oui la solitude, comme un sport de haut niveau mais sans calcul sans chrono et sans fil... la solitude du cloître 24h/24h, 7 jours par semaine et moi je me suis filé cette peine... sitôt dit citeaux fait...
Débrancher le téléphone, balancer le carnet d'adresse. Hiberner même l'été, s'aoûter l'émoi au printemps de mon mi-centenaire, m'effeuiller la tendresse et la disperser au vent, au gré de mes mains, sous les draps, parfois quand le manque taraude, vrille, tournevice, martèle et enclume. Rigole pas, je goulague ma tendresse dans des sibéries si froides que je misanthrope à me gercer les lèvres pour ne plus parler, comme si je recherchais la folie, une folie que je quête comme un graal, tout petit déjà, inaccessible et pourtant à portée de main, comme un sein qu'on ose pas toucher, comme un sein maternel que t'aurais bien voulu téter, mais non, comme une caresse impossible, comme un enfant demande de l'amour pour grandir fort, plus fort que les autres à la récré et leur casser la gueule quand ils te traitent de freluquet, moi, mon papa il est jamais venu me défendre parce qu'en dehors d'être menuisier il est mort très tôt et que ma maman je la trouvais vieille si vieille qu'elle pouvait être ma grand mère et que l'amour elle ben on lui a jamais trop dit que ça existait et que ça pouvait faire du bien à son gosse, moi, le dernier, le septième nain de la compagnie du ventre de ma mère, hahi haho ça lui en faisait du boulot!
Putain d'année... putain de clavier... je laisse tambouriner mes doigts, ils crachent au fur et à mesure ce qui me transperce le coeur, ce qui me tord les tripes, ce qui m'enlarme, comme un blues improvisé, sans parachute, au tourbillon des pensées (de pascal..., j't'en fiche un billet de 500 balles..), je tout-azimute au gré des sens qui tournoient destination (bof.. c'est pour chabal celle-là) terminus à Je-vide-mon-sac et rendez-vous au parloir parce que le confessionnal (hé hé... encore con... et pis fesses hummm) c'est pas mon truc le psycuré et l'abbéchiâtre..
Une année passée dans le rétroviseur, à régler des comptes avec ma p'tite personne... dans l'esseulement recherché mais pas toujours voulu, à me mater dans la glace et me traiter de con, de connard, et de con aussi mais de connard surtout...
J'arrive pas à me détacher de cette nana, depuis un an.. Peut être parce que je pensais naïvement que c'était ma dernière histoire d'amour, la vraie, l'ultime, la dernière, la plus belle, la plus forcément on vieillira ensemble, main dans la main, la vie en rose en arthrose en osmose, à mon âge que voulez-vous ma brave dame... avec tout ce que j'ai déjà raté! Elles étaient belles, la nana et l'histoire, sensibles, en chair de poule, en découvertes, en aller-simple pour le 36ième dessus sur nos quarantièmes rugissants.. J'aurais voulu lui dessiner en baisers tendres le huitième ciel, la dix millième nuit, je me voyais serein dans ma cage, j'aladinais insouciant et la méchante sorcière m'a raz-de-marée d'un coup de balai : j'suis trop pouète, pas rassurant, pas celui qui quoi et là je me casse la gueule alors que j'étais déjà tombé amoureux... Tu vois la cascade?
Elle coule, de pleurs.
Et je n'arrête pas de faire le parallèle avec le petit garçon de douze ans qui quémandait de l'amour, désespérément en abondance de débordements (jouli renvoi à « Revue de détail », non?).. parce que son père lui avait dit que sa mère ne l'aimait pas et qu'il avait cinq ans le mioche et qu'il ne s'en remet pas ou si difficilement... Alors, tu sais quoi?, le gosse pour qu'on l'aime il a dit qu'il avait mal au genou droit, de plus en plus et de plus en plus souvent. Alors on prenait soin de lui, on l'emmenait chez les docteurs, de plus en plus grands les docteurs parce qu'il avait de plus en plus mal et boîtait de plus en plus et qu'aucun sermonné d'Hippocrate ne trouvait la solution au blème. Les radios, les ponctions, la kiné.. nada... nib... Alors celui qui s'est cru le plus grand des docteurs a dit : je vais l'opérer, et une fois le genou ouvert je verrai bien de quoi il souffre.. Il a ouvert, regardé, trituré, disséqué, sué, juré, craché...Il a joué avec les osselets, patte de lion, les a poussés par là, tirés par ici... Tout était normal.... Le con!! Il souffrait de manque d'amour le môme, c'est tout, c'est pas dans les manuels c'est dans la tête et surtout dans le coeur... Donc, opération hospitalisation un mois, plâtre deux mois... Choyé le môme... couvert de bisous, de cadeaux, de bonbons... Il existait!! On s'occupait de lui!!
Hier j'avais mal au genou droit... celui qui porte une grande cicatrice... une blessure d'enfance... 40 ans après, j'ai mal mais cette fois c'est pour de vrai, il m'a ravagé le genou le docteur ducon.
Pourquoi je raconte çà moi..? Ah oui... l'amour.... en parallèle disais-je, quand je fréquentais les bars...mais beaucoup moins Raymond.
ça pourrait faire deux volumes dans le livre de ma jungle ces quelques lignes... Quand je sortirai de ma prison, faudra que j'y pense et que j'y aille (et fines herbes... à fumer...)
Depuis la lune s'est levée, elle est pleine la salope et je suis toujours dans l'esseulement, comme un art, un zeste d'apitoiement pour la musique de fond, un soupçon de larme pour l'aquarelle, du cinoche de série B avec la part belle aux loosers, des sentiments en quinconce comme du Picasso, du pointillisme de détail près, de la prose à la Dard, du piano chouineur mano à mano avec une batterie qui cuisine le rythme.. La solitude comme un paroxysme, comme un amour zénithal.
Une année qui compte pas pour du beurre, tant elle m'a fait mal... Et puis y a tous les restes qui jonchent les heures de vide, les mois de creux de vague sur ma façade atlantique, les semaines à la petite justement et va comme je te pousse, petit mousse dans tes ennuis ripolinés, tes cafards bourdonnants et tes bourdons cafardeux, le rien qui t'enlace et t'embrasse, le tic-tac interminable et obsessionnel comme un pouls qui gratte. Des fois, j'aimerais bien qu'on me débranche...
Et puis il y a le first San Antonio.. « Réglez lui son compte »... 800 euros sur ebay... ah les salauds... comment veux tu que je le cale dans ma collec...
Presque trois heures et huit clopes plus tard, elle est là, fidèle, presque humaine quand elle me tient chaud, douce quand elle m'enveloppe de son bras, sadique quand elle arrête le temps, salope devant mes érections matinales, vicieuse quand le vide me happe, vicelarde quand elle me traîne en longueur de temps, caressante quand je m'endors épuisé d'insomnie sur son ventre... ma solitude.
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je suis un écorché vif
les salauds, ils ont eu ma peau